C'est le gros défaut de vouloir à tout prix reproduire des souches "pures". Tous les vertébrés sans exception (pour autant que je sache) sont sensibles à la consanguinité. Les seuls qui y échappent sont les animaux parthénogénétiques, pour des raisons évidentes d'autogamie. Et encore chez beaucoup d'espèce la parthénogénèse permet seulement de pallier à une absence temporaire de male dans le milieu, elle finit elle aussi par entraîner de lourdes conséquences génétiques.
La génétique des reptiles est en gros la même que celles des mammifères, à quelques petits détails près. Mais il n'existe pas de "barrière anticonsanguinité" chez les reptiles.
Le mécanisme est relativement simple. Chez les animaux, tous les mécanismes biologiques sont prévus pour brasser les gènes au maximum. Le premier mécanisme, c'est l'existence de deux sexes. Le seul fait que deux sexes existent implique que l'espèce est plus ou moins sensible à la consanguinité.
Un autre point important est la protection du génome contre les mutations. Chez les animaux les cellules qui vont donner els gamètes se différencient très tôt dans l'embryon, que ce soit popur donner des ovules ou des cellules germinales (qui donneront les spermatozoïdes). On appelle ça la lignée germinale, par opposition à la lignée somatique (la part de l'embryon qui formera le corps)
Chez les plantes au contraire, les cellules sexuelles ont leur origine dans les méristèmes, les bourgeons. Les méristèmes sont en multiplication cellulaire permanente. Cette multiplication entraîne de fréquentes erreurs de copie : les mutations. Les mutations délétères sont immédiatement éliminées par la croissance et le renouvellement des tissus, les mutations positives coexistent ou remplacent les gènes originels.
Du coup, dans un arbre centenaire on peut avoir des génomes très différents d'un bourgeon à l'autre. Donc en gros chez la plante on favorise la multiplication et la diffusion des mutations, et chez l'animal on élimine au maximum les nouvelles mutations.
Pour en revenir à nos problèmes de consanguinité, le troisième point c'est la fécondation elle-même : chacun des parents transmet la moitié de ses chromosomes à ses descendants. pour chaque paire de chromosome, 1 vient du père, 1 vient de la mère.
Le second point impliquait que cette moitié de génotype que transmettent les deux parents est déjà "figée" avant même leur naissance.
Venons-en à la consanguinité...
Le coefficient de parenté, ça parle de soi : il est de 100% avec soi même (ou un clone), 50% avec son père, etc.
Le taux de consanguinité, c'est la quantité de gènes identiques entre deux individus donnés. En général il implique une certaine parenté, mais la nuance est quand même importante. Ce tauix de consanguinité est déterminée de façon statistique, en partant du mécanisme de la fécondation : 50% de transmission à chaque génération :
Le père transmet 50% de son génotype à son fils. Ces 50% du génotype paternel représentent eux mêmes 50% du génotype du fils. Le taux de consanguinité est donc de 25%.
Bon, tout ça c'est très bien, mais ça n'explique pas pourquoi léon a 3 yeux et 12 pattes...
En fait, si. Le premier point statuait que la nature favorise la diversité chez les vertébrés. Plus un génotype est hétérozygote (chaque paire de chromosome porte des allèles différents pour un gène donné), plus l'organisme est sain. Mais plus il est "moyen", aussi (chez le pardalis, si on brasse tous les gènes on obtiendra un machin vert avec quelques petites taches de couleur).
Le fait que tous les gènes soient en double est une sécurité. Si une mutation récessive délétère intervient malgré toutes les protections (disons l'albinisme par exemple), cette mutation est "noyée" : elle reste muette puisqu'elle est accompagnée d'un gène dominant "non albinos". au fil des générations elle est de plus en plus noyée, car elle ne croise que des "non albinos" sur son chemin.
Au bout de quelques générations, la dérive génétique a eu sa peau, elle disparaît totalement de la population.
Sauf...
Si on a de la consanguinité. Notre parent originel est porteur albinos.
A la génération F1, 50% des petits héritent donc du gène albinos.
Si deux de ces petits se croisent, on obtient 25% d'albinos, et 50% de porteurs albinos, ne restent que 25% de petits "sains".
Pour l'albinos on s'en tape un peu, mais si à la place on met "épilepsie" ou "dégénérescence neuro-musculaire", c'est tout de suite moins rigolo...
En gros plus la consanguinité est forte, plus les récessifs vont s'exprimer, plsu il y aura de problèmes. En général, les premiers problèmes sont :
- baisse de la fertilité
- nanisme
- faiblesses cardio-vasculaires
- fragilité immunitaire
- malformations du squelette
Mais tous les récessifs ne sont pas négatifs. La couleur bleue des Nosy Be Blue par exemple est récessive (je ne m'avancerai pas plus loin, j'ignore si c'est polygénique, simple, ou autre).
Comme autrefois chez les rats la plupart des éleveurs ne s'emmerdent pas. Ils omettent les problèmes de consanguinité, et croisent un Picasso avec un Picasso, pour obtenir des Picassos. Chez les geckos léopards et les Elaphe on est déjà plus avancé, puisque les gènes portés ont leur importance (les fameux Het.).
Evidemment comme chez les caméléons il s'agit probablement de facteurs complexes et non de gènes simples récessifs ou dominants on ne peut pas reconstituer un Nosy Be Blue "pur" si on le croise avec un Ambanja en F1 et un Tamatave en F2... Mais au moins on élimine tout risque de consanguinité.
Le cas des Piebald est différent, puisque là c'est un gène simple et récessif, sauf erreur de ma part, comme l'albinisme. Il suffit de croiser régulièrement des Piebald avec n'importe quoi pour conserver 25 à 50% de petits Piebald une génération sur deux avec des taux de consanguinité minuscules (12,5% sur le F2, 3% sur le F4), la sélection desreproducteurs permettant de pérénniser la mutation dans une souche non consanguine.
Chez moi, dans le cas des rats, je considère qu'ils sont "non consanguins" quand le coefficient de parenté est inférieur à 1/16 (cousins au second degré, grand oncle avec petite nièce, etc.).
Le souci c'est de détermliner le taux de consanguinité au départ. Chez les pardalis on a souvent un bon morceau de généalogie, donc on peut calculer. Chez les caly c'est plus compliqué...
Ca c'est un résumé plutôt brutal, pour plus d'infos sur la consanguinité et la sélection chez les mammifères :
http://www.nerolie.net/ratlala/lerat/ar ... nguin.html
Il y en a vraiment qui ont tout lu ? Quel courage 